Bernadette BOURZAI

Le ministère de l’Education nationale hypothèque gravement l’avenir des écoles rurales

jeudi 3 juin 2010 par Bernadette Bourzai

Ci-dessous le communiqué de presse publié le 3 juin 2010 par l’Association des Maires Ruraux de France (AMRF) :

L’AMRF a pris connaissance avec effarement et consternation des intentions révélées dans le schéma de diminution des moyens d’encadrement en date du 5 mai 2010.

Si elles sont confirmées, ces pistes visant à la réduction du nombre de postes porteront un coup sans précédent aux écoles rurales. D’un intérêt pédagogique plus que contestable même si la qualité de l’enseignement ne se limite pas aux seules questions des effectifs d’enseignants, les « leviers académiques identifiés » auront des conséquences négatives sur les écoles rurales, l’accueil et l’organisation des activités périscolaires.

L’augmentation du nombre d’élèves par classe, le relèvement des seuils de fermeture et d’ouverture de classe, la baisse de la scolarisation des enfants de 2 ans, le regroupement de petites écoles n’ont qu’un but, par ailleurs froidement assumé : la fermeture de classes et d’écoles en particulier dans les communes rurales.

Les maires ruraux de France ne peuvent accepter que de tels objectifs étayés par une approche strictement théorique et comptable, sans aucune relation au territoire notamment en termes de distance et de densité de population soient envisagés. Ils dénoncent avec la plus grande fermeté une méthodologie qui se voulant soi-disant indolore, aura en réalité des conséquences fâcheuses sur les effectifs dans les classes, la pratique des langues et le soutien aux élèves en difficulté déjà passablement pénalisés avec la suppression des Rased.

L’Education nationale ne doit pas faire l’impasse sur les communes qui connaissent un essor démographique, ni pénaliser plus encore celles qui baissent en effectif scolarisé. L’effort des communes dans la création de RPI doit être reconnu et leur concentration ne doit pas être poussée plus loin, sauf à vouloir délibérément augmenter la fatigue des élèves et le coût des transports.

L’AMRF demande que soient rendus publics pour chaque académie les résultats et prévisions collectés pour l’élaboration du schéma et rappelle, conformément à la Charte des Services publics en milieu rural que l’Inspecteur d’Académie est dans l’obligation d’informer les élus locaux de tout projet de fermeture de classe au moins deux ans à l’avance.

Au lendemain des assises des territoires ruraux et des conclusions du CIADT, l’Education nationale ne peut s’exonérer de ses obligations vis-à-vis des ZRR et plus largement des habitants des territoires ruraux. Si les engagements n’étaient pas tenus, l’Education nationale perdrait toute crédibilité aux yeux des élus, entrainant avec elle l’Etat dans son discrédit.


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