« Les futurs acteurs du monde agricole seront responsables de l’environnement ». Edgar PISANI
vendredi 23 octobre 2009 par Bernadette Bourzai

- F. Hollande, E. Pisani, JP Denanot, B. Bourzai à Naves le 26/09/2009
Les futurs acteurs du monde agricole, ce sont notamment les élèves du lycée agricole de Tulle-Naves-Cornil. Samedi 26 septembre, avec leurs professeurs, ils ont reçu Edgar Pisani, dont le nom a été donné à leur établissement, en présence des parlementaires du département, des autorités l’Etat, des élus de la région, du département et des communes.
Ancien ministre du général de Gaulle entre 1961 et 1966, Edgar Pisani a profondément marqué l’organisation de l’agriculture et de l’enseignement agricole en France.
Devant les élèves et l’assistance, Edgar Pisani a évoqué les enjeux de demain pour l’agriculture, qui doit nourrir les hommes, et pour l’espace rural, doit être un lieu de vie : « Il faut apprendre à cultiver plus en protégeant la nature et faire en sorte que la nourriture produite soit à la disposition de tous les hommes ».
Evoquant la crise alimentaire mondiale, il a rappelé avec gravité pourquoi « on ne doit pas former les agriculteurs à une seule production » : « Le Monde pourra-t-il toujours continuer à nourrir le monde ? Ce n’est pas certain. L’eau manque. Le climat change. Les terres arables sont accaparées par les surfaces cultivables pour les biocarburants au détriment des productions alimentaires. Il faut réfléchir à la manière de produire plus, mais pour nourrir tous les hommes. »
Pour celui qui fut aussi un très proche collaborateur de François Mitterrand, la question de l’autosuffisance alimentaire est cruciale : « Je travaille à la manière de mettre en valeur les terres arables et irrigables d’Afrique. J’ai inventé ce qu’on appelle « des parcs vivriers paysans, c’est-à-dire des jardins ouvriers organisés avec l’irrigation commune et un tracteur collectif. Des jardins pour la nourriture des hommes et non pas pour alimenter nos moteurs. »
Sur les responsabilités à l’égard de l’environnement, il a également expliqué qu’ « on ne peut pas former les élèves de tous les lycées agricoles de France uniquement à la production, même si celle-ci est essentielle » : « Il faut sauvegarder l’espace rural, non pas seulement comme un espace de travail et de production mais aussi de civilisation. Il faut que la campagne reste ce qu’elle est, une mère souriante, un espace qui malgré son immensité reste un refuge avec un air plus pur qu’ailleurs, dont nous avons besoin. »
Des mots qui ont résonnance particulière, comme l’a rappelé Jean-Paul Denanot, président du conseil régional du Limousin : « Aujourd’hui, les vents du libéralisme font qu’on est obligé de soumettre à la concurrence toute la formation continue pour les personnes adultes. C’est un vrai souci pour nous et pour les CFPPA. » Des propos qui vont dans le même sens que ceux de Bernadette Bourzai au Sénat quelques jours plus tôt à l’occasion du débat sur l’avenir de l’AFPA (voir plus bas).
Bernadette Bourzai
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